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Nuru

« Une lumière pour trembler l’univers. »

Dans une terre oubliée où le vent avait cessé de raconter des histoires, un être s’asseyait chaque jour au même endroit. On l’appelait Nuru. Son nom signifiait lumière. Et pourtant, il vivait là où toute lumière semblait avoir disparu.

Son visage n’était pas un visage, mais une fleur, un tournesol immense, éclatant, dont le cœur abritait un œil unique. Un œil qui ne regardait ni le passé, ni le présent… mais ce qui aurait pu être.

Nuru voyait les possibles. Autour de lui, le monde semblait mort. La terre craquelée ne portait plus de racines, et le ciel, délavé, semblait oublier ses étoiles. Mais entre ses mains reposait un instrument étrange, façonné de bois usé et d’objets abandonnés.

Quand Nuru en jouait, aucun son ne se faisait entendre. Et pourtant… tout vibrait. Sa musique n’était pas faite pour les oreilles. Elle était faite pour les rêves.

À chaque mouvement de ses doigts, des filaments de lumière s’échappaient de lui comme si son âme se transformait en constellation. Des couleurs profondes bleus cosmiques, violets vivantsbserpentaient dans l’air et dessinaient des chemins invisibles.

Ces chemins menaient aux rêves oubliés. Nuru ne jouait pas pour lui. Il jouait pour ceux qui avaient cessé de croire. Son œil voyait au-delà des distances au-delà des villes, des montagnes, des silences. Il voyait les fragments d’âmes abandonnés : une envie d’écrire, un amour non avoué, un courage enfoui.

Alors il les appelait. Et quelque part, très loin, quelqu’un relevait la tête sans savoir pourquoi. Une étincelle renaissait. Une idée reprenait vie. Un cœur battait un peu plus fort. Le monde, lentement, recommençait à respirer. Mais Nuru portait un secret.

Chaque rêve qu’il rallumait emportait une part de sa propre lumière. Chaque espoir offert au monde creusait en lui un silence plus profond. Son éclat n’était pas infini.

Un jour, son œil se fermera. Un jour, le tournesol se fanera.
Mais tant qu’il lui restera une seule étincelle… Nuru jouera.
Car il sait une chose que le monde a oubliée :
«la lumière ne disparaît jamais elle change simplement de gardien.»

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