Nuru et Kofi
« Une voix un regard pour donner du sens. »
Au sommet d’un mur ancien, à la frontière entre le monde des hommes et celui des symboles, se rencontrèrent Kofi et Nuru.
Kofi, le coq au plumage flamboyant, portait une couronne comme un héritage. Depuis toujours, il annonçait les débuts, réveillait les villages et croyait que sa voix guidait le temps lui-même. Chaque matin, il chantait pour rappeler au monde qu’il était là.
Mais ce jour-là, face à lui, se tenait Nuru. Immobile, les mains posées sur les hanches, Nuru n’avait pas de visage comme les autres. À sa place s’ouvrait un tournesol vibrant, et en son centre, un œil unique observait calme, profond, presque ancien. Nuru n’avait pas besoin de parler. Il voyait.
Kofi chanta, plus fort que jamais, comme pour impressionner, comme pour exister davantage. Mais aucun écho ne lui répondit. Nuru ne bougea pas. Son regard, lui, traversait les plumes, la couronne, et même les mots.
Alors, pour la première fois, Kofi hésita. Dans ce silence inattendu, il comprit que son chant n’était pas une réponse, mais une question qu’il répétait sans cesse. Et face à lui, Nuru incarnait autre chose : une présence qui n’avait rien à prouver.
Le vent passa entre eux, léger. Et dans cet instant suspendu, un pacte invisible naquit : Kofi continuerait de chanter pour réveiller le monde, et Nuru continuerait de voir pour lui rappeler pourquoi.
Car parfois, il faut une voix pour ouvrir le jour et un regard pour lui donner un sens.
